9 March 20266 min de lecture
Les petites équipes ont tendance à externaliser dans le mauvais ordre. Le réflexe est de confier ce qui est le plus agaçant, c’est-à-dire généralement ce qui porte le plus de contexte, or le contexte est précisément ce qu’une équipe extérieure n’a pas encore.
Un meilleur premier candidat a trois propriétés : il est bien compris, il demande peu de contexte, et il est aujourd’hui mal fait parce que personne n’a le temps de le faire correctement.
De bons premiers candidats
- La suite de tests dont tout le monde reconnaît le besoin et que personne n’a écrite
- Une application mobile qui reprend un produit web dont le comportement est déjà stabilisé
- Intégrations avec des services tiers, où le contrat est une API publiée
- Reporting et pipelines de données, où « correct » est vérifiable par rapport à une source
- Travail d’accessibilité et de performance, qui se spécifie et se mesure
- Une couverture de support sur des horaires que votre équipe ne travaille pas
Ces objectifs ont en commun d’être lisibles de l’extérieur. Quelqu’un qui ne connaît pas l’histoire de votre entreprise peut malgré tout dire si le travail a été fait.
De mauvais premiers candidats
- L’algorithme ou le modèle central qui différencie le produit
- Tout ce dont les exigences n’existent que dans la tête d’un seul fondateur
- Le travail qui exige une négociation permanente avec un client précis
- Le sauvetage d’un système que personne ne comprend aujourd’hui
Le dernier point mérite une note. Confier un chantier chaotique à une équipe extérieure est tentant précisément parce que personne en interne n’en veut, mais une équipe extérieure passera le premier mois à découvrir en quoi consiste ce chaos, et vous paierez cette découverte sans acquérir la compréhension. Cartographiez-le en interne d’abord, puis externalisez la correction.
Séquencez-le délibérément
Commencez par un périmètre clairement délimité plutôt que par une mission large. Vous testez deux choses à la fois : si le prestataire est bon, et si votre propre équipe a la capacité de management nécessaire pour bien diriger des personnes extérieures. La seconde échoue plus souvent qu’on ne l’imagine, et il est bien moins coûteux de le découvrir sur un seul chantier que sur quatre.
Puis élargissez à partir de ce qui a marché
Si le premier chantier se passe bien, élargissez vers un travail voisin où l’équipe a déjà construit du contexte, pas vers quelque chose de totalement différent. Le contexte est la partie coûteuse, et c’est en le réutilisant que l’externalisation commence vraiment à être rentable plutôt qu’à simplement couvrir ses propres frais.
